MALI : le récit de notre voyage
Le lundi 18 janvier 2010.
par Thierry Minois
Nous sommes rentrés en France depuis un peu plus de 2 semaines et vous êtes nombreux à attendre le récit de nos aventures, pour revivre avec nous cette expérience.
Voici un 1er récit, accompagné de quelques photos. Nous prévoyons l’organisation d’une soirée prochainement pour vous faire partager plus concrètement cette belle expérience que vous et tous nos partenaires nous ont permis de vivre. Un peu plus tardivement arrivera un film sur cette aventure, qui sera monté par les jeunes, avec le soutien technique précieux de notre cameraman, Didier.
Un grand MERCI à tous.
Déroulement du séjour à Siby
Mercredi 16 et Jeudi 17 décembre
Séverine et Marc se rendent à Siby 2 jours avant pour préparer l’arrivée du groupe, rencontrer la coopérative, affiner le programme.
Vendredi 18 22h
Toute l’équipe est au rendez vous à Bamako, les bagages également dont le volumineux matériel d’escalade (200m de corde dynamique, 200m de stat’, 4 cordes simples, 5 crash pad, 20 paires de chaussons, et bien d’autres encore). Le Maire de Siby est venu accueillir le groupe avec Fousseni et Lamine de la coopérative des moniteurs de Siby.
Nuit à l’auberge chez Boni.
Dans l’avion :
Samedi 19
Pour se mettre dans le bain, rien ne vaut la formalité du change de l’argent, un bon indicateur de notre aptitude à faire des affaires.
Nous ne tardons pas à monter dans le minibus qui nous conduira à Siby, où nous avons le plaisir d’expérimenter le chargement optimal de petits espaces mobiles. Les paysages de savanes bordés par une bande ininterrompue de falaise occupent nos regards jusque Siby, qu’on atteint au bout d’une heure.
L’installation au campement se fait sans encombre. Les filles occuperont une même case tandis que ces messieurs se partageront 2 petites cases. On visite les commodités plutôt confortables. Un premier riz sauce nous est servi dans des assiettes individuelles. Une introduction en douceur. J’entends même de la part des jeunes : « Finalement c’est pas si différent de chez nous ».
A peine installés, nous voilà réunis avec les Maliens qu’on ne va plus quitter pendant une semaine. A notre grande surprise, les moniteurs de la coopérative ont mobilisés 10 jeunes de Siby âgés de 14 à 20 ans sur toute la durée de notre séjour. Certains ont été scolarisés et parlent le Français, d’autres, et notamment la plupart des filles, ne sont jamais allés à l’école. Il faudra nous débrouiller pour communiquer. On se présente réciproquement, les moniteurs, les jeunes Maliens, puis les Toubabs (nous, les blancs). Une chanson se dessine déjà : « Folo folo Farafina », chacun des jeunes Français annonce venir en Afrique pour la première fois. Nous serons aussitôt renommés par les prénoms de nos homologues maliens, pour qu’il leur soit plus facile de nous identifier.
Les Maliens se chargent de nous guider dans leur village particulièrement animé en ce jour de marché. Cette entrée en matière achèvera de nous mettre à l’aise sur cette nouvelle planète où nous séjournerons les 8 jours suivants.
A noter la découverte d’un miel exceptionnel, de Siby. C’est la tante de Moussa (un des moniteurs) qui le produit. Nous en prenons 3 litres pour agrémenter nos petits-déjeûners.
Le programme du lendemain nous est soumis par les guides de la coopérative, qui ne manqueront pas d’idées pour nous occuper la semaine (Montmélianais et Sibyens réunis).
Sur le marché :
Adeline à la caméra :
Dimanche 20
En bons toubabs, il est hors de question de perdre son temps. Nous avons le regret de vous annoncer que le rythme des vacances scolaires est totalement inadapté à l’Afrique. Lever 7h tous les matins, coucher... vous verrez par vous-mêmes. On démarre sec, avec 2 sessions prévues pour la journée : initiation à la grimpe des Maliens au bloc pédagogique et parcours de la via corda. 2 groupes sont constitués pour alterner. Les grimpeurs fous choisissent la grimpe le matin, il va sans dire, ils pourront s’acharner sur la belle arête en 7b tant qu’ils sont encore frais. Mais ils subiront la chaleur de l’après midi plein cagnard sur la via corda. Tandis que 3 jeunes filles malignes ont proposé le coup de main pour équiper la via corda avec Lamine et Fousseni aux aurores (sous l’œil aiguisé de Didier « Caméra », notre cameraman). Quelle bonne idée ont-elles eu pour se la couler douce le reste de la matinée sous la fraicheur de la grotte. En bons pédagogues, les moniteurs suggèrent aux jeunes Français de conduire chacun un jeune de Siby sur sa propre corde. Sensations assurées pour les Maliens qui n’ont jamais parcouru de paroi accrochés par un fil. Ouverture réciproque garantie par le lien de la cordée nécessaire à la sérénité des néophytes.
En bons franchouillards, on s’est affairé autour de notre pique nique pain/ sardines/ vache qui rit (manquait juste la nappe). Les Maliens se sont eux réunis autour de plats de riz sauce apportés par Soumaïla. Alors qu’on avait tout juste calculé nos portions individuelles, les Maliens nous ont invités à manger dans leur plat. Ah, c’est-à-dire que... où sont les couverts ? Vas te laver les mains avec le bidon, on t’attend... Après quelques boules de riz malaxées du bout des doigts et dégustée du bout de la langue, nous nous sommes pris au jeu autant qu’au goût d’un repas digne de ce nom. On prend rendez vous à leur table pour le lendemain. En fait, nous leur avons commandé le repas de midi pour presque tous les jours suivants.
Le soir, nous savourons notre unique occasion de danser sur une route nationale. C’est vrai, pourquoi organiser des fêtes dans des lieux fermés ? Une sono, de la terre battue sur le bord de la route et c’est parti pour une soirée dansante sans limite. Voilà un de ces imprévus qui nous plonge dans une part de la réalité villageoise. On s’introduit dans la foule, on copie quelques pas de danse et déjà on est invité par les femmes, bébé dans le dos, à danser avec elles.
Devant la coopérative de moniteurs, on se prépare :
Sur la via corda :
Abibatou et Moussa :
1er repas de midi partagé avec nos amis maliens :
Les Français installent des cordes :
Tout le monde se met à l’escalade :
Lundi 21
An ka Yelen. Ce matin, nous irons grimper au site de blocs à l’entrée du village (direction Bamako). On prépare les crash-pad, les maliennes arrivent endimanchées. Séverine les questionne « vous allez grimper en jupe ? ». C’est là qu’elles montrent discrètement le jogging ou le jean camouflé sous le pagne coloré. L’élégance avant tout ! Mais alors quelle allure avec le crash-pad dans le dos et la bouteille d’eau sur la tête ! C’est à se demander jusqu’où la technicité de nos textiles nous conduira ?
On découvre un groupement de blocs dignes du rocher de Fontainebleau : du grès adhérent, des réglettes parfois croustillantes, des rétablissements arrondis, des réceptions ensablées. Le tout à l’ombre d’arbres providentiels. Les moniteurs nous présentent les blocs qu’ils fréquentent régulièrement pour s’entraîner. C’est parti, ça grimpe à tout va, les grimpeurs fous, les grimpeurs doux. Les Maliens laissent passer l’agitation enfantine et s’essaient sur les passages déchiffrés par les toubabs. Légèrement inquiétés par la hauteur des blocs et l’absence de corde, la plupart semblent questionner notre plaisir à parcourir ces cailloux. D’autres se prennent au jeu et se lancent dans les blocs en 6a ouverts par Victor, Antoine et Pierre. Leur facilité à évoluer sur le rocher malgré des chaussons non ajustés et leur manque d’expérience est fascinante.
A 13h le soleil tape un peu trop. Nous avons compris désormais qu’il faut vite nous abriter avant qu’il ne nous mette à plat. Nous rentrons manger un plat au campement avec les Maliens. Nous ne résisterons pas cette fois à la sieste.
Les Maliens nous conduisent en fin de journée dans leur famille. L’occasion de découvrir l’intérieur d’une concession et de s’initier à l’organisation d’une famille malienne. Tout le monde a droit au test du tô sauce gombo. Les visages se crispent, on essaie tout de même de dégager un sourire pour ne pas être impoli. D’autres auront aussi le plaisir de goûter les arachides grillées, toutes chaudes, un régal.
On part faire du bloc :
Test des blocs :
Partie de Jungle Speed tous ensemble dans l’après-midi. Un beau moment d’échange :
Visite dans les familles :
Aurélie touille les arachides grillées :
Mardi 22
Les moniteurs nous invitent à découvrir l’arche de Kamadjan et le site d’initiation d’escalade situé derrière l’arche. Perfo et plaquettes dans le sac, nous ne ferons pas qu’y grimper.
2 jeunes courageux acceptent l’invitation pour parcourir le chemin de Kamadjan : une grande voie de 70m qui s’élance sur un contrefort de l’arche. Séverine déguste cette voie matinale sur le grès vertical en compagnie d’ados motivés par l’aventure, bien différente de nos moulinettes en salle. Malgré une première longueur en 6a retord, Marguerite et Vincent garderont leur sourire lumineux, avec en toile de fond la plaine tachetée de manguiers généreux.
Le secteur Kamadjan offre un site idéal pour l’initiation à l’escalade. Les Maliens se régalent sur ces lignes ombragées. Conditionnée par ses encadrements en France, Séverine repère une ligne idéale pour une mini via corda qui conduira à un rappel et une tyrolienne. Les jeunes Français complètent les lignes grimpables inexploitées du secteur. Marc nous fait part de son expérience inégalée en manipulation de perfo. Les jeunes s’en inspirent et découvrent les joies auditives et vibratoires de l’équipement. Il ne faut pas se fier aux apparences ici. Ces lignes nous paraissaient « rando ». Finalement, elles ne descendront pas en dessous du 6a. Quelques blocs sont repérés également.
Mais, c’est l’arche qui sera retenue à l’unanimité comme l’objet le plus appréciable du lieu, ne serait ce que pour l’ombre et l’air qu’elle procure. N’est ce pas Aurélie, Adeline, Marguerite, etc...
Nous décidons d’organiser une petite fête de l’escalade (inspirée de celles organisées par le CAF de Chambéry/ Montmélian chaque année à St Léger) sur ce site en fin de séjour pour tester les ateliers aménagés ce jour.
Un vent de révolte sévit : on en a marre du riz ! Et on veut plus de garniture. Alerte, il faut réagir. Réflexion...
Sur la route pour l’arche :
Moussa au perfo :
puis Antoine :
et Baptiste, sous l’oeil attentif de Marc :
L’arche de Kamadjan, vue de derrière :
Mercredi 23
Les moniteurs ne nous ménagent pas : aujourd’hui, nous irons tracer le circuit de blocs. On achète quelques pinceaux et boites de peinture. Les moniteurs choisissent les couleurs du Mali pour distinguer les niveaux. Il y aura 3 niveaux : vert, jaune, rouge.
Certaines jeunes souhaitent faire une pause avec la grimpe et décident de passer la matinée avec les Maliens en famille. L’occasion de se tester aux tâches féminines maliennes : la cuisine, la lessive, etc.
Sur le site de blocs, l’énergie disponible se montre limitée. Nous commençons à changer de rythme, à nous ménager. Même les grimpeurs fous s’acharnent avec modération. Il faut activer les troupes, suggérer, encourager. La fatigue s’exprime. Les Maliens eux sont fidèles à leur rythme plus sage.
Ce midi, c’est fête : nous mangeons des patates douces bouillies avec les Maliens. Un régal, moins pour nos doigts qu’on manque de brûler à chaque bouchée.
Cet après-midi, nous aurons la visite de M. le Maire de Siby et ses adjoints pour une remise officielle du matériel à la coopérative de grimpeurs. Ce projet est au final l’occasion pour la coopérative de montrer l’importance de leurs activités aux yeux de la nouvelle municipalité, à travers notamment le volume de matériel apporté et notre reconnaissance vis-à-vis de leurs prestations. Bien que les jeunes ne soient pas friands de mondanités officielles, ce moment formel que nous tentons de préparer au mieux marque le caractère solidaire de notre projet et la reconnaissance de la part des partenaires sur place. C’est l’occasion de notre coté d’évoquer l’ensemble de nos partenaires en France sans qui nous ne nous serions pas déplacés.
Un échange de boissons sucrées finira de détendre l’atmosphère. C’est l’un des moments forts de notre voyage, de notre rencontre avec les Maliens et de notre action à Siby. Nous remercions avec beaucoup de gratitude tous nos partenaires nous ayant permis de mener cette action.
Le soir, nous sortons ! Face à la monotonie des repas du campement, nous sortons manger à la Calebasse, petit restaurant chaleureux qui nous fera découvrir les céréales du Mali alternatives au riz (fonio, couscous de blé, bon les spaghettis ne font pas partie de cette catégorie mais sont bienvenus tout de même n’est ce pas ?). Les jeunes craqueront tous pour la crêpe au chocolat proposée en dessert. Ça sent la nostalgie de la cuisine française.
Nos cases au campement
Victor sur le bloc qui restera non réalisé :
ça ne passe toujours pas :
Baptiste :
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Remise du matériel :
Jeudi 24
Quoi de plus exotique que de préparer Noël à la plage sur les bords d’un grand fleuve africain. Une journée salutaire pour souffler d’un programme très dense et focalisé sur l’escalade. Nous partons en minibus en compagnie évidemment de nos amis maliens pour la base nautique de Bankoumana. Les associations Calao et Karamba Touré sont également mobilisées sur ce village pour y appuyer le développement d’une activité canoë. Nous embarquons instantanément sur les pirogues et canoë affrétés pour notre troupe. Chacun d’entre nous révèle l’enfant caché derrière les conventions de l’adulte, on joue dans l’eau, on monte des stratégies pour renverser le bateau ennemi, on se prend des coups de soleil monstrueux (hein Estelle ?). On s’aperçoit que les Maliens voient le fleuve Niger pour la première fois, et il va sans dire, se baignent également pour la première fois. Les gilets de sauvetage trouveront toute leur utilité ce jour-là. Merci aux Maliennes qui nous ont mijoté du capitaine grillé, fraichement péché dans le fleuve. On ne sait pas trop si la baignade les aura unanimement emballées à entendre leurs cris d’angoisse une fois dans l’eau. Mais ce sera pour tous une journée inoubliable.
Le repas de Noël ne sera pas d’anthologie lui. Nous sommes tellement éloignés de cette réalité au cœur du Mali et à distance de nos familles. Le portable passe malgré tout de main en main pour envoyer un signe à nos familles. Nous nous rendrons compte par la suite que les SMS ne passent pas toujours. Nous irons tout de même écouter de la musique mandingue auprès d’un groupe de musiciens de Siby en cours de formation, dont certains membres de la coopérative font partie. Les jeunes ne résisteront pas au sommeil insistant, bercé par le rythme lancinant des instruments traditionnels.
Dans le minibus tout confort pour aller à la base nautique à 30 km :
Superbe journée passée au fleuve avec tout le groupe :
Retour sur Siby :
Vendredi 25
Noël en vacances au pied des falaises.
On reste sur le mode vacances : nous irons grimper pour nous. Le groupe se sépare. Certains vont défier les voies de la Tabaski, d’autres lézarder au pied du secteur Tini. Les Maliens s’amuseront en effet bien plus sur les belles longueurs de Tini que les Français, qui ne se remettent plus de la chaleur ambiante.
A l’inverse, la Tabaski passe à l’ombre dés 10h et laisse le temps de se dérouiller sur un rocher magnifique. Sauf que... les voies sont équipées large, la grimpe se déroule essentiellement en fissure/ cheminée ou dülfer. Et dès qu’on s’attaque à des voies de « notre » style, les cotations sont éminemment sévères. « C’est Roustland ici ». Pas de perf’ au Mali pour ceux qui souhaitaient revenir avec « des croix ». Va falloir ouvrir son répertoire gestuel, grimper en montagne et se faire de la conti avant de s’amuser ici. Malgré ces surprises, ça fait du bien de s’acharner un peu, de grimper sur de belles envolées.
Le soir, nous assistons à un spectacle organisé par le centre culturel du village. De nombreux enfants se tassent sur les bords de la scène, ils réagissent vivement aux danses des comédiens costumés. Un spectacle haut en couleurs, mais contre lequel, une fois de plus, le sommeil s’acharnera.
Repas du soir à la Calebasse, avec Modibo qui est venu nous rendre visite :
Samedi 26
« Journée libre ». Enfin, tout est relatif. Chacun a ses petites tâches à remplir malgré tout. Certains complèteront le fléchage des blocs, le dessin de topos, d’autres prépareront le repas du soir. En effet, ce soir, c’est les toubabs qui régalent. Au menu : poulet grillé - frites - salades de fruit. Bon ok, ce n’est pas de la grande cuisine mais on fait ce qu’on peut avec les moyens du bord. La cuisine est évidemment précédée des courses laborieuses sur le marché : déambuler dans les étalages, reconnaître et choisir les produits, négocier, faire traduire, porter. Faire le marché est loin d’être une activité reposante. Cette journée est consacrée également aux cadeaux/ souvenirs de Siby. De longues négociations et tergiversations nous attendent.
Nous ferons la cuisine dans la famille de Fousseni, président de la coopérative. Elle nous met à disposition ses foyers pour la cuisson et sa concession pour réunir tout le monde. Tout le monde s’agite autour des multiples patates et fruits à peler. D’autres plument les poulets qui couraient encore ce matin. Le tout sous les regards curieux de nos amis maliens. Une belle soirée au clair de lune, tout le monde assis sur les nattes, au son de quelques frappes sur le djembé fraichement négocié par Aurélie, Victor et Antoine. On retrouve Estelle une fois de plus noyée au milieu d’enfants. Elle paraît ici chez elle.
Achats sur le marché pour le soir :
On y achète aussi quelques tissus et autres souvenirs et cadeaux :
Soirée chez Fousseni :
Didier au djembé :
Dimanche 27
« Fête de l’escalade à l’arche de Kamadjan ». La troupe franco-malienne s’ébranle pour l’arche de nouveau, avec cette fois une dizaine de jeunes maliens supplémentaires, invités pour l’occasion à nous rejoindre. La file de grimpeurs s’étire le long de la route qui mène au cirque, les nouveaux en tête, les anciens en queue. Nous équipons les ateliers avec une certaine lourdeur : moulinette, rappel sur arbre, via corda, tyrolienne constitueront les jeux du jour. Chacun se poste sur un atelier pour encadrer les nouveaux arrivants ainsi que nos amis maliens. Et c’est parti pour une journée « foire de l’escalade », où chacun tente de trouver sa place, teste un atelier ou un encadrement. Au fur et à mesure que le temps passe, les visages pales se font rares. Certains se font tresser à la malienne, d’autres grimpouillent. Mais du haut de la tyrolienne, je ne vois plus que quelques rares jeunes français s’occuper des Maliens... Ils ont fui sous l’arche, prendre un bon bain de fraicheur et taper la causette.
Cette journée clôture notre séjour à Siby. Elle devrait se faire sous le signe de l’escalade, mais la fatigue et peut être une certaine lassitude vis-à-vis de ce moyen d’échange amène les jeunes à trouver d’autres occupations. Cette semaine s’est avérée très chargée, les jeunes ont été abondamment sollicités dès leur arrivée. Il est légitime qu’ils demandent du repos.
Nous finirons le séjour à Siby en beauté avec une soirée partagée avec les Maliens au campement. Couscous arabe servi dans des assiettes individuelles, boisson sucrée. Des percussionnistes mobilisés par le campement s’installent devant la piste de danse. On ne peut se défiler devant nos amis maliens qui nous invitent à montrer nos talents de danseur... Heureusement, il n’y a pas de projecteur, mais l’essentiel est de se laisser emporter par l’ambiance et le partage avec nos hôtes.
Les moniteurs ont également organisé une projection du film les voix de Siby. Nous clôturerons cette soirée par quelques images sélectionnées par Didier Caméra de notre séjour. Une bonne partie de rigolade quand chacun se voit à la télé.
Nos 2 présidents grimpent ensemble (Thierry et Fousseni) :
Sur le retour de la falaise :
Soumaïla :
Estelle se fait coiffer :
Adeline aussi :
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Vincent apprend à danser :
Tout le monde devant la télé :
Lundi 28
C’est le départ. On range, on fignole les sacs. Les adultes squattent le bureau des moniteurs pour ranger le matériel, et donner quelques recommandations de suivi. Le bus est prévu pour 16h. Il arrivera évidemment avec du retard. On en profite pour partager les derniers moments avec les Maliens par des jeux de groupe proposés par Daniel. De bons fous rires achèvent notre séjour. On ne peut cacher l’émotion ressentie au moment du départ et de l’au revoir. Malgré la barrière de la langue, nos distances culturelles, et le cocon douillet que constituent nos groupes réciproques, une relation franche s’est établie entre nous, une relation difficile à décrire et qualifier, par manque de mot en commun justement. Mais des visages, des voix, des rires restent gravés dans nos mémoires et nous attachent à ces jeunes avec lesquels nous avons partagé cette expérience insolite.
Retour éprouvant sur Bamako. Le bus nous laisse en rade à l’entrée de Bamako (craignant les contrôles de la ville, faute de papiers). Heureusement, Modibo nous attendait et trouve un véhicule pour nous récupérer. On s’entasse dans la fourgonnette avec nos bagages (faute de galerie sur le toit). Antoine, sous les bagages, tu nous entends ? Nous sommes conduits dans une auberge coquette, tapissée de verdure. Et oh surprise, il y a des miroirs ! Les filles ne s’attardent pas devant, pas facile de reprendre contact avec sa propre image...
Repas affamant. On est pris pour des ogres par le gérant qui n’avait pas prévu assez. Vous êtes en bonne santé ?
Soumaïla et son enfant :
Fatim :
Fatoumata :
La salle matériel bien rangée après notre passage :
Les sacs sont prêts :
On attend le minibus... on attend, on attend :
Juste avant le départ :
La devise de la coopérative :
Au revoir, amis :
à Bamako sur le bord de la route où le minibus nous a déposé :
Le 2ème minibus, sans galerie :
Mardi 29
Le mardi à Bamako, c’est un jour de marché. On découvre une autre facette du Mali : celle qui grouille. On s’impatiente dans de véritables embouteillages humains. On craque pour les colliers et bogolans, les pagnes et statuettes sont alléchants également. Je découvre les jeunes fins négociateurs, même si au final on paye toujours des prix de toubabs. Mais ils ont compris comment ça marche. Joli coup Pierre avec ton hippopotame.
Nous mangeons du fonio dans un resto « bio » (les militants sont partout dans le monde !). La moitié des jeunes ne mangent pas, certains ont la tête dans les bras. Bamako n’est pas de tout repos pour achever un voyage... Un petit détour pour acheter des cartes postales pour faire signe à nos partenaires. Et enfin on se la coule douce à l’auberge confortable.
La fourgonnette s’ébranle pour l’aéroport. Les jeunes sont endimanchés, on a sorti les vêtements d’hiver du fond du sac, tous propres. Une certaine allégresse est mélangée au regret de quitter déjà ce monde qu’on commence à peine à saisir.
Séverine nous laisse malgré elle à l’aéroport. Elle reste encore quelques jours pour aller grimper du côté de Hombori. Nous lui souhaitons bonnes vacances au Mali. Et elle va en avoir besoin... Elle nous souhaite bon voyage et retour dans notre réalité.
Après un long voyage nocturne éprouvant avec une attente de 5h à Alger, on se retrouve bientôt sous la neige.
Merci à tous, jeunes et encadrants, d’avoir accepté de vivre cette aventure inédite. Il est difficile de mesurer instantanément ce que nous apporte une expérience hors du commun, même le lendemain, nous sommes encore trop assaillis par la reprise de notre quotidien. Mais j’espère qu’à l’avenir nous continuerons d’évoquer ce voyage. J’espère aussi que nous garderons le contact avec les jeunes de Siby, il ne tient qu’à chacun d’entre nous de penser à eux de temps en temps et de faire l’effort de garder contact avec eux. Il reste encore tant de choses à échanger là-bas.
Le Niger à Bamako :
En voilà un qui a encore de l’énergie pour faire une traction dans le bus de l’aéroport d’Alger :
Une nuit bien courte :
Mais l’endroit est calme :
Nous revoilà à St Exupéry, les mêmes... mais pas tout à fait ;-)
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