Aura-t-on jamais fini de (re)découvrir les montagnes alentours que l'on croit si bien connaître ?
Cette fois c'est sur Chamechaude que nous partons en exploration, avec une première question posée dès la Cabanne du Bachasson : au fait, ça vient d'où le nom de Chamechaude ? Tiens c'est vrai ça, et y a-t-il un rapport avec Chamonix ? Chamois ? Chamousset ?
Les recherches effectuées au retour convergent majoritairement vers "Cham" ou "Cam" qui signifie un champ, une friche. Chamechaude = champ chaud, enfantin mon cher Watson !
Revenons à nos chamechaudeurs du jour. Il n'y a point de passage "secret" sur les sentiers, nous nous empressons de quitter celui sur lequel nous sommes, pour nous élever vers le Sud et rendre visite à l'arche triple, joli architecture à trois piliers, où visiblement les chamois ont leurs quartiers, odeurs à l'appui.
Un cheminement astucieux via le pas du Lapin et la rampe de l'Ecureuil, donne accès au bord Sud du plateau supérieur, avec une vue plongeante sur le bassin grenoblois, bien embrumé ce matin. Nous longeons au mieux cette bordure dans une prairie-pinède sauvage, pour déboucher dans la grande prairie de Chamechaude, où nous essayons de déranger le moins possible une harde de chamois, qui profite de l'accalmie touristique du moment pour picorer dans l'herbe jaunissante.
Arrivés à la brèche Paul Arnaud, nous mettons en oeuvre notre matériel d'alpinisme pour une descente en rappel de ce raide couloir, qui débouche au pied de la face Est, où un doux soleil nous attend. Nous longeons le pied des grandes voies d'escalade historiques vers le Nord, jusqu'à l'accès vers le Jardin, que nous dépassons pour descendre dans la faille du même Jardin.
Là nous attendent deux longueurs d'une escalade très atypique, les jambes en écart au-dessus du vide. La fraîcheur et l'obscurité dans cette faille de plusieurs dizaines de mètres de haut, donnent plus une impression de spéléo que d'escalade.
Nous débouchons sur le Jardin à l'heure du pique-nique, bienvenu après ces premières émotions chamechaudesques.
La suite est tout aussi insolite. Du jardin, une longueur d'escalade de 30m permet d'accéder à l'entrée d'un tunnel en pleine paroi. Il traverse la falaise de part en part et débouche 20m au-dessus du cirque des Trous, où l'on descend en rappel. Il reste une dernière escalade pour remonter sur le plateau supérieur, mais la Chartreuse n'a pas encore fini de s'essorer malgré une semaine de temps sec, et le rocher est ruisselant.
Plan B ! Le sangle du Jardin nous ramène au pied du couloir Ouest, d'une minéralité très austère, pas lequel nous gagnons le sommet, avant de dévaler le bon chemin classique qui ramène au col de Porte.
Encore une bien belle journée en montagne, merci à tous les participants pour leur bonne humeur, merci aux photographes qui ont pris le temps de fixer quelques souvenirs.
Vers le pas du Lapin
Brèche Arnaud
La faille du Jardin, une escalade atypique
Le sangle du Jardin, un plan B de luxe !
Sous le couloir Ouest
L'entrée supérieure du couloir Ouest