Le départ matinal, fixé à 6h15, n'avait pas laissé beaucoup de place au sommeil, et je me suis retrouvé à terminer ma nuit dans la voiture, emportée par le doux balancement du véhicule sur la route sinueuse. C'est là que s'est décidé de faire la boucle verso/recto plutôt que recto/verso mais je ne serais trop vous dire pourquoi il me semble compte tenu du degré des pentes à la descente et de l'exposition.
Arrivés au parking du bout de la route menant au col de la Madeleine, à 1700 mètres d'altitude, nous n'avons eu besoin que de dix minutes de portage avant de chausser nos skis. La montée au col de Montjoie se fit tranquillement, nous laissant admirer les premiers rayons du soleil embrasser les sommets environnants. Une fois au col, nous avons choisi de laisser le col de Montjoie sur notre gauche, optant plutôt pour l'exploration d'un col sans nom.

Après avoir déchaussé nos skis, nous avons entrepris l'ascension de Roc Rouge (2375m).



La descente qui suivit fut une plongée vertigineuse dans une neige dure qui demandait une concentration extrême et une maîtrise parfaite des skis.
Le Rocher de Sarvatan nous appelait, et il nous fallait repeauter pour poursuivre notre périple. Face à nous se présentaient plusieurs possibilités de couloirs, et après une brève discussion, nous avons opté pour celui de droite. Philippe, toujours en tête du groupe, se lança avec assurance sur ses skis, suivi de près par les autres skieurs tandis que certains préféraient gravir à pied pour des raisons de sécurité.


Au cœur de ces paysages grandioses, nous étions seuls, de simples points perdus dans l'immensité des montagnes. La majesté des sommets nous rendait humble, nous faisant sentir tout petits face à leur grandeur. Mais dans cette solitude, nous trouvions aussi une connexion profonde avec la nature, une sensation de liberté totale et une énergie indomptable.
Une fois près de la Grande Coutire, nous avons pris la direction plein est sur la crête, progressant avec détermination vers le sommet. La montée jusqu'au rocher de Sarvatan fut un peu raide dans cette neige dure, mais nous avons suivi la trace laissée par Philippe avec gratitude, qui avait ouvert la voie.
Les derniers mètres ont été parcourus à pied, certains d'entre nous équipés de crampons pour assurer notre sécurité sur ce terrain escarpé. Une fois au sommet, nous avons été récompensés par une vue époustouflante sur les sommets environnants, une vision qui valait bien l'effort consenti.

La descente par le col de Sarvatan fut un véritable enchantement, la neige moquette nous offrant une glisse parfaite malgré son alourdissement progressif en perdant de l'altitude. Cette première journée de printemps était l'expression même de la qualité de la neige en cette saison : changeante, exigeante, mais toujours aussi gratifiante pour les amoureux de la montagne et du ski.