Laëtitia & Justus, un dernier hommage
Samedi 5 septembre, le club organise une sortie à la mémoire de Laetitia et Justus, avec leurs familles, sur les lieux de leur accident. Il s'agit d'une randonnée sans difficulté particulière, nous pourrons ériger un cairn en hommage à ces deux amis disparus.
Vous pouvez d'ores et déjà vous inscrire via ce lien, les détails loigistiques seront précisés en temps voulu.
« La nature n’est ni morale ni immorale, elle est radieusement, glorieusement, amorale. » Théodore Monod
Hommage à lire en écoutant You raise me up de Secret garden.

Ils s’en sont allés en ce lundi 13 juillet, silencieusement, amoureusement, en toute discrétion ce mot qui les résumait si bien. Une cordée pour la vie.
Comme l’écrit Cédric Sapin-Defour, « Madame la Mort, d’où vous vient cette croyance absurde qui voudrait que mourir dans et de sa passion soit la plus enviable des fins ? (...) Si vous avez besoin de vous défouler, on peut vous transmettre les noms d’un gros tas de nazes mais s’il vous plaît, laissez nos copains tranquilles. Qu’ils soient en vie nous est fondamental. » Visiblement, notre supplique n’a pas été écoutée en ce début d’été.
Foutu becquet... Même pas le temps de dire un avé et la partie est terminée. De l’ivresse des cimes de la Chapelle de la Glière (massif des Aiguilles Rouges), à l’enfer des tréfonds de la paroi en un claquement de doigts.
Deux familles dans le chagrin, des amis éplorés et une nouvelle fois le Club Alpin de Chambéry orphelin de deux des siens.
Laëtitia c’était la joie de vivre, des yeux pétillants et une farouche envie de se dépasser en montagne, cette fantastique école de vie.
Justus, la montagne c'était son alpha et son oméga. Après un premier apprentissage au Népal, il avait suivi au CAF de Chambéry un cycle d’une année de formation alpinisme. Toujours avide d’apprendre, de progresser ou de transmettre il avait ensuite décidé de s’orienter vers l’encadrement. Il devait participer cet été à un stage de validation pour devenir initiateur alpinisme.
Habile de ses mains, il l’était assurément dans son métier comme sur les sentiers escarpés.
Jamais les derniers pour passer du bon temps autour d’une bière, au coin du feu en bivouac ou lors d’une chaleureuse soirée de refuge. Chacun de ceux qui les connaissent se remémoreront un petit moment passé en leurs compagnies, une longueur en cascade de glace, une via ferrata, un parcours d’arête ou encore quelques pas en grande voie...
En ces moments où la pluie ensevelit les cœurs, il faut retenir tout cela. L’éclat d’un sourire, la lumière d’un regard, le bonheur des instants passés pour faire ressurgir le soleil par-delà les nuages.