Dans un contexte de fournaise sur Chambéry, l'idée d'une rando glaciaire aux Ecrins avait largement de quoi plaire.
Mais ce matin, au parking de la Trousse, nous n'étions que trois sur les sept prévus. Heureusement, un peu plus tard, Zorro (ou plutôt Xavier) est arrivé sans stresser avec le bus et des nouvelles sur le restant de la troupe : l'un était vainement à la recherche de ses lunettes de glacier, tandis que les deux autres nous rejoindraient directement au départ.
Un bref passage dans un grand magasin de Briançon permettra de résoudre le problème de lunettes. Peu avant 11h, nous voilà tous réunis au parking du pré de Mme Carle dans un cadre plus que prometteur.

Nous nous élançons allègrement sur un chemin largement fréquenté, heureux de retrouver la montagne après un voyage relativement long.

Les sacs pèsent plus ou moins ; merci aux deux plus jeunes qui portent les cordes.

Xavier nous accorde une pause casse-croûte de 20 min à l'écart du chemin, au bord du torrent du Glacier Blanc bien nourri par la fonte du glacier qui se dessine à l'amont.
Quant à Karine, qui arrive avec Francis du trail de Méribel la veille, elle utilisera surtout ce temps pour soigner ses pieds qui n'apprécient pas la raideur des chaussures d'alpi.
Ne pas trop traîner car des orages sont annoncés dans l'après-midi.
Vers 14h, nous profitons du passage par le refuge du Glacier Blanc pour remplir les gourdes.

Et à 15h, nous enfilons en hâte crampons, guêtres et baudriers avant de composer les deux cordées pour suivre l'itinéraire sur le glacier, tandis que le fond de vallée nous annonce une arrivée indésirable.

Par chance, il ne fait pas froid, Xavier connaît bien le trajet à suivre, certains ont su protéger leurs sacs de la pluie, donc, pas de panique !

Bientôt 17h ; il ne nous reste plus que les 120 m de dénivelée sur sentier balisé avant d'atteindre
notre but de la journée.
Bienvenue au refuge des Ecrins, altitude 3150m, voilà ce que l'on peut lire au passage.
Soulagé de se retrouver au sec, chacun s'organise avec les moyens du bord pour ranger et faire sécher le matériel ; Edouard adopte patiemment la technique des noeuds pour étendre les soixante mètres de corde trempée avant de pouvoir enfin s'installer devant un bon chocolat chaud.

Dehors, les nuages ont accepté de nous dévoiler la barre des Ecrins que nous aurons l'occasion d'admirer demain de manière rapprochée et sous des éclairages variés.

Et à l'aval, on peut observer le glacier que nous venons de quitter.

Juste avant le dîner, le sympathique gardien rappelle aux quelques trente hôtes de son refuge les règles anti COVID en vigueur, le menu : "soupe de pois cassés et potiron, tagine d'agneau et semoule, fromage et fondant chocolat coco".
Il nous informe ensuite des conditions météo favorables pour notre rando du lendemain, n'omettant pas quelques conseils avisés sur les itinéraires encore possibles face à un dôme de neige des Ecrins actuellement trop dangereux : "ça craque sans arrêt".
Confirmation visuelle et sonore dès le lendemain.

Coucher tôt, lever matin.... 3h30.
A 4h20, je suis la dernière à enfiler les chaussures vite, vite car il ne faut pas faire attendre.
Petit détail anodin mais qui aura son effet dans l'anecdote du jour...

Après une montée douce à la lumière des frontales, nous profitons à 6h30 du spectacle de l'aube, aussi grandiose qu'éphémère, pour nous récompenser de notre lever matinal.

La pente s'est accentuée, nous avons réduit les distances d'encordement et escaladé sans difficulté ( hormis le manque d'habitude de cette pratique avec les crampons ) une partie sommitale de l'arête.

Et que voilà, niché dans les infractuosités rocheuses ?
Mais l'heure n'est pas à la cueillette de génépi, juste au plaisir de la découverte d'un belvédère.

Depuis ce matin, je ressens un inconfort marqué dans la chaussure gauche et lorsque Xavier nous montre bien plus haut notre objectif, Roche Faurio 3730m, je redoute un peu les efforts restants...

Descendons pour l'instant de notre perchoir pour attaquer courageusement une dernière partie où s'alternent glacier et passages rocheux .

Le rythme est assez soutenu mais il nous faudra encore une heure avant de crier victoire,

la Roche, plus exigeant au niveau escalade.

Nous prenons le temps de savourer la beauté des lieux, de rechercher les repères connus, d'en détecter de nouveaux, d'entamer le sandwich même s'il n'est pas encore 9h...
J'essaie de stopper la douleur persistante en découpant une étiquette intérieure à ma chaussure, perplexe puisque je n'avais rien ressenti la veille.
En vain !.. jusqu'à la découverte de Tristan, particulièrement observateur, qui me permet enfin de comprendre mon problème :

Une confusion de chaussures au petit matin, casse-pied pour moi, et qui ne cessera qu'au retour en contrebas du refuge... mais qui aura bien amusé la galerie !

Il ne reste ensuite plus qu'à suivre Xavier qui prend un malin plaisir à nous faire explorer les richesses de plus en plus chaotiques de cet immense Glacier Blanc, à pas mesurés, ponctués par de petits sauts de crevasses parfois impressionnants, mais bien assurés.

Jusqu'à ce que le frein de la fatigue naissante de certaines lui éclate aux oreilles et le contraigne à abréger la déambulation glaciaire. ( Pardon Xavier ! )

Suite sans surprises mais toujours dans un cadre extraordinaire : la pause de restauration avec au choix sieste ou débat, le passage au refuge du Glacier Blanc pour les gorges sèches. Puis la redescente accélérée par l'arrivée d'une pluie assez drue et froide mais freinée par une fréquentation nombreuse.
Il restera à Xavier l'épreuve de la conduite du retour atténuée par de superbes paysages au passage du Galibier.
Et à tous, d'après le briefing improvisé dand le bus, l'impression partagée d'avoir largement amorti le déplacement au niveau satisfaction sportive, sociale et visuelle !
CR enrichi de quelques photos de Xavier