A l'heure de la déresponsabilisation généralisée et la judiciarisation du moindre incident (waouh, quelle entame !), il reste heureusement des espaces comme le TA où l'on apprend à prendre des risques, du genre de ceux qui font grandir par exemple.
Au fait le TA c'est quoi ?
Le TA, pour Terrain d'Aventure ou terrain d'av' en jargon d'initiés, est une pratique de l'escalade sur des falaises vierges de tout équipement, où la sécurité du grimpeur est pensée et mise en oeuvre par le pratiquant lui-même. Un truc de dingue qui sollicite l'intelligence et la créativité ! Et en plus ça se passe dans le cadre du CAF, avec la bénédiction de nos dirigeants !!!
Samedi 22 mai
Le groupe initiation alpinisme se retrouve pour la troisième étape du cycle, sous la houlette du grand ordon
nateur Dominique Louin, de son fidèle acolyte vieux briscard des cimes, François Henry, et moi-même. Le trio de choc a choisi la falaise école de Yenne pour faire découvrir au groupe les bases du TA. Tout le monde est là, bien motivé et les méninges en éveil, car l'alpinisme est avant tout un sport d'intello où il est nécessaire d'avoir toujours un coup d'avance, un peu comme aux échecs, pour imaginer des solutions avant que les problèmes n'apparaissent.
On commence par la théorie, forcément un peu rébarbative, mais comme il s'agit de mettre en oeuvre un système d'assurage béton, il vaut mieux avoir une idée des forces en présence. Dominique tente bien de nous convaincre qu'un bon régime hypocalorique pourrait améliorer le delta de l'équation mathématique qui calcule la vitesse du vol, n'empêche que quand tu tombes, c'est la chute et réciproquement (ha ha ha !).
Et comme le meilleur moyen de savoir, c'est d'essayer, chacun se barde de quincaillerie aux appellations barbares, coinceurs, câblés, excentriques, friends (qui se révèlent souvent de faux-amis), sangles et autres pitons à marteau. Et c'est parti pour le grand bain où l'on pose soi-même sur le rocher des points d'accroche que l'on espère solides en cas de défaillance grimpistique. Ca transpire autant d'angoisse que d'effort, mais une fois la voie sortie, c'est à chaque fois un gros kif, les apprentis grimpeurs sont fiers comme des papes alpinistes.
Fin du premier acte, on se dit à demain, un peu plus tôt, mais toujours bonheur.
Dimanche
sans grasse mat' donc, direction le Roc des Boeufs dans les Bauges pour une mise en application grandeur nature des apprentissages de la veille. Un décor de rêve
La paroi du Masque est le terrain de jeu idéal pour s'initier à cette pratique de l'escalade traditionnelle et non aseptisée. Il y a du gaz (ndlr : du vide sous les pieds), les élèves grimpent en tête et prennent l'entière responsabilité de la sécurité de leur cordée. Aucun équipement n'est en place, autant dire que la concentration est intense, et qu'au bout de 4 ou 5 longueurs de manips incessantes, la fatigue nerveuse se fait ressentir.Presque 5 heures pour grimper 120m de paroi, on n'entrera certes pas dans le Guinness des records, mais au bout du compte, le groupe a réellement progressé vers l'autonomie. Bravo !
Heureux mais contents !
Continuons à promouvoir l'apprentissage du risque qui stimule l'intelligence et développe l'humilité, ... ah merde, ça me reprend !